Plusieurs études sont parues, entre 2004 et 2005, démontrant un profond changement dans la demande d'hébergement au Québec et au Canada. Cependant la petite hôtellerie semble avoir du mal à prendre le virage, voir à s'être rendue compte qu'il y avait un virage à prendre. Explications.
La demande en matière de séjour est en train de changer profondément.
Selon une étude du Cefrio de (février 2004), la demande d'hébergement au Québec se transforme radicalement. Les clients sont, de plus en plus, à la recherche de courts séjours, de 2 à 3 jours. Et surtout, l'hébergement, c'est-à-dire la location d'une chambre, n'est plus, leur préoccupation centrale. Les québécois recherchent avant tout un "trip", ils veulent vivre une expérience (voir : un spectacle des Rolling Stone, participer à un tournoi de golfe, etc.).
Conséquences :
- La recherche d'un hébergement ne se fait plus en fonction d'un lieu, mais en fonction d'un type d'activité : fin de semaine romantique, voir une exposition artistique, réaliser une expédition sportive (quad ou vélo).
- Le choix d'un hôtel se fait en fonction des activités proposées par ce dernier, et des activités disponibles à proximité.
- Voir l'état d'une chambre est indispensable, mais n'est plus l'élément de décision de l'achat.
Cela a entraîné une recherche de plus en plus marquée des forfaits (chambre + une activité), comme par exemple : une fin de semaine avec souper gastronomique.
La façon de rechercher un séjour a changé
Aujourd'hui l'essentiel de la recherche d'un séjour se fait par Internet.
Selon une étude d'Emarketer réalisée en octobre 2005, 46 % des voyageurs utilisent Internet pour rechercher leur séjour, 19 % une centrale de réservations téléphoniques, 15 % les agences de voyages et enfin 7 % utilisent un tour operator.
Le problème est que si les clients potentiels cherchent des séjours sur Internet, les hôteliers eux n'y sont pas !
Jacques Nantel du Hec Montréal, qui vient d'analyser l'industrie du tourisme au Québec (rapport déposé en octobre 2005), souligne que plus de la moitié de la petite hôtellerie n'a aucune stratégie Internet.
Alors qu'Internet est la solution pour la petite et moyenne hôtellerie de combler son déficit de visibilité par rapport à la grande hôtellerie, c'est tout le contraire qui se produit au Canada et au Québec. Aujourd'hui ce sont les sites de voyages américains comme expdedia.com qui donnent de la visibilité aux hôteliers québécois, moyennant des commissions allant de 5 % à 40 %.
Il semble qu'aujourd'hui encore beaucoup d'hôteliers n'ont pas compris cette double réalité : court séjour à thème et marketing sur internet. Seulement 26 % des hôteliers québécois possèdent un site en ligne, et encore moins proposent des forfaits.