L’entrepreneur est un chef d’orchestre, pas un homme orchestre !
Aujourd'hui, les petites entreprises sont confrontées à une concurrence de plus en plus vive. Il y a deux raisons à ce phénomène. Premièrement, dans le secteur des services, l'offre a tendance à augmenter plus vite que la demande. Ensuite, ces offres de services sont devenues plus visibles, notamment grâce à Internet. Deux exemples : aujourd'hui Bureau en gros , avec son service de livraison gratuite au Canada pour des achats de plus de 50 $, est en concurrence avec toutes les papeteries du pays quelque soit leur localisation. Celui qui a accès à Internet peut comparer les prix du magasin local et ceux de Bureau en gros et choisir l'offre la moins chère. Second exemple, le tourisme : grâce à Internet, il est très facile de comparer très rapidement les différentes offres touristiques des régions du Québec. Lorsqu'un Montréalais prépare sa fin de semaine, très vite, il peut consulter les activités, les possibilités d'hébergement offertes dans les Cantons de l'Est, la Petite Nation, les Laurentides. Une étude de Thomas, Townsend & Kent , réalisée en septembre 2004, montre que pour 76.3 % des personnes à hauts revenus en Amérique du Nord, le principal moyen pour préparer une escapade touristique est Internet.
Quels constats en tirer ?
Premièrement, pour sortir du lot, il est nécessaire de proposer toujours plus de services, tout en personnalisant ceux-ci pour se démarquer. Avant, il suffisait d'attendre le client derrière le comptoir, maintenant il faut faire de la relation client : connaître les goûts de chacun de ses clients, se rappeler de sa dernière commande. Deuxièmement, que l'on possède un site Web ou pas, la dimension Internet s'impose à nous, car les autres s'en servent pour être plus visibles ou proposer des services jusque dans notre cour.
Comment une petite entreprise peut, dans ses conditions, tirer son épingle du jeu ?
La sous-traitance d'une partie de ses activités est la réponse. Il est vrai que le premier réflexe d'un petit entrepreneur est de tout faire soi-même, parce que cela coûte moins cher. Cette idée se base sur l'hypothèse que le temps du dirigeant est extensible et que ce temps ne coûte rien (puisque qu'on ne se paie pas de salaire supplémentaire). Cependant, cette idée est rarement juste. Pendant qu'il joue l'homme à tout faire, l'entrepreneur ne s'occupe pas de ce qui lui rapporte et cela a un coût.
Je m'explique : un cuisinier, son métier, c'est la préparation de repas qui plaisent à ses clients, pas la comptabilité, ni le marketing. Un dirigeant doit d'abord faire le tri entre les activités de production (préparation de plats par exemple) et activités de support (entre autre, la comptabilité). Puis regarder celles qui produisent de la valeur ajoutée, (une escalope de veau au parmesan, bien préparée, va rapporter de l'argent) et celles qui n'en produisent pas (préparer la paie chaque semaine).
En fait, ce que doit faire un dirigeant c'est ce qu'il sait faire le mieux : son métier.
Les formes de la sous-traitance
Il existe deux grands types de sous-traitance :
- Première forme : confier le travail à quelqu'un de plus compétent dans un domaine donné, la comptabilité au comptable, le marketing à l'expert marketing, le site Web à l'expert de l'Internet…
- Seconde forme : l'informatisation. Par exemple, pour un hôtel, la réservation sur Internet permet aux clients de réserver une chambre 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. La particularité de l'informatique est qu'une fois le système mis en place, prendre une réservation ou 1000 ne coûte pas plus cher. C'est l'idéal pour les tâches répétitives.
Quand sous-traiter ?
Pour savoir si on doit sous-traiter ou pas, il est nécessaire de calculer la valeur d'opportunité de la sous-traitance. Cette valeur se décompose de la manière suivante : qu'est-ce que cela coûte si je fais moi-même une tâche et qu'est-ce que cela coûte si je la sous-traite. Et surtout, si je sous-traite, qu'est-ce que je peux faire que je ne pouvais pas faire avant et qu'est-ce que cela me rapporte ? Voici un exemple pour illustrer le concept de « valeur d'opportunité ».
Imaginons deux traiteurs M. A et M. B, tout deux livrent leurs clients à domicile, une fois par semaine. M. A fait tout lui-même. M. B sous-traite la livraison à un contracteur qui lui demande 200 $ pour ce service. Admettons que tout les deux estiment que une heure travaillée vaut 20 $.
Ainsi, dans ce cas, même si sous-traiter la livraison est plus chère que la faire soi-même, il est plus rentable d'utiliser un contracteur, car pendant que M. A livre et ne fait rien d'autre, M.B continue à produire et à vendre. Ce qui lui rapporte en définitive plus qu'à M.A.
Pendant que M.A livre, M.B prépare et vend des plats pour un profit net de 250 $.
Et Internet ?
Dans bien des cas, Internet, et surtout, le commerce électronique accompagnés d'un bon marketing, permettent d'aller chercher de nouvelles clientèles, tout en réduisant les coûts d'acquisition de clients et de traitement des commandes.
Mais avant tout, il faut se rappeler que dans ce monde qui s'accélère, l'entrepreneur qui survit, doit être un coordonnateur, pas un exécutant. C'est un chef d'orchestre, pas un homme orchestre.
Source : Affluent Find Internet Rich in Travel Information, September 17, 2004 , Thomas, Townsend & Kent study. http://www.thomastownsendandkent.com/